489 années

Hayoun Kwon
30.04 > 19.06.2016

Hayoun Kwon, « 489 années » © Hayoun Kwon

Née en 1981 à Séoul en Corée du Sud, Hayoun Kwon est une artiste plasticienne résidant en France. Diplômée de l’Ecole des beaux-arts de Nantes (2008) et du Fresnoy – Studio national des arts contemporains (2011), elle est lauréate du Prix découverte 2015 des Amis du Palais de Tokyo. Parmi ses expositions les plus récentes, deux expositions personnelles – Le Paradis Accidentel, à la Galerie Dohyang Lee à Paris (2015) et Le Voyage Interdit à l’Ecole municipale des beaux-arts de Châteauroux (2015) ainsi qu’une exposition collective, le Real DMZ project 2015, présentée à Samuso, à Séoul en Corée du Sud (2015). En 2017, une exposition personnelle aura lieu au Palais de Tokyo à Paris.

Les œuvres qui sont présentées dans cette exposition prennent toutes pour objet la zone démilitarisée entre la Corée du Sud et la Corée du Nord établie après la signature de l’armistice de Panmunjeom, le 23 mars 1953. Cette zone-tampon (ou DMZ, de l’anglais demilitarized zone) est surveillée par quelques sept-cent-mille soldats nord-coréens et quatre-cent-mille soldats sud-coréens, avec l’appui de la 2ème division d’infanterie américaine partiellement constituée de soldats coréens. Il est estimé qu’un million de mines jonchent le sol du côté sud de cette étroite bande de terre d’une longueur de 248 km sur 4 km de largeur. Selon la coalition citoyenne sud-coréenne, la Peace Sharing Association, il faudra 489 années pour déminer la zone démilitarisée. Accessible à ses abords aux touristes étrangers, la DMZ reste néanmoins difficilement accessible aux Coréens du Sud et est interdite aux Coréens du Nord. Cette bande de terre, inhabitée depuis plus de soixante ans, est devenue une véritable réserve naturelle que la Corée du Sud voudrait voir inscrire au registre des Réserves de biosphère de l’Unesco.


Village modèle (2014)
Video HD, couleur, stéreo, 16/9. Durée : 9’39 et maquette en bois et plastique
Le « village modèle » du titre de cette installation est le village nord-coréen de Kijong-dong construit dans la DMZ à dessein propagandiste. Visible mais inapprochable depuis la Corée du Sud, le village ne serait qu’un décor vide entretenu par des employés municipaux. Ici des caméras réelles se déplacent dans une semblance en bois blanc et plastique transparent où les ombres ont plus de consistance que la matière.

489 years (2015)
Video HD, animation couleur, stéreo, 16/9. Durée : 12′
Video 3D stéréoscopique 360°. Durée : 12′. Installation : chaise, casque RV et casque audio

Dans 489 years Hayoun Kwon imagine la zone démilitarisée en un long travelling exécuté par des caméras virtuelles qui filment un environnement virtuel alors que la voix de Kim, ancien soldat sud-coréen, nous conte un souvenir de la zone la nuit tombée.

Pan Mun Jom (2013)
Video HD, animation couleur, 16/9. Durée : 3’48
Panmunjeom est le nom du village aux abords duquel fut signé l’armistice de 1953 dans un bâtiment érigé pour cette seule fonction. Du village il ne reste que ce bâtiment, devenu le Musée de la Paix de la Corée du Nord. La « zone commune de sécurité » fut établie à quelques 500 mètres de l’ancien village et chevauche la ligne de démarcation militaire indiquée par une dalle de béton enchâssée dans le passage entre des baraquements peints en bleu. De part et d’autre de cette dalle, soldats nord-coréens et sud-coréens montent la garde, immobiles. Il leur est interdit de franchir la dalle de béton.

Le dispositif de Réalité Virtuelle nous renvoit à sa préfiguration, dans les appareils stéréoscopiques certes, mais aussi dans les panoramas du XIXème siècle, vastes peintures ou montages photographiques de vues apposés à une structure cylindrique qui enveloppe le visiteur, et à son avatar le diorama – procédé de gigantesques peintures en trompe l’œil animées par des effets de lumière, mis au point en 1822 par Charles Marie Bouton et Louis Daguerre inventeur du procédé photographique du daguerréotype. […] L’oeuvre de Hayoun Kwon, comme fantasmagorie d’une situation politique bien réelle, nous donne ainsi accès à une dimension de l’histoire de la photographie parfois oubliée qui parle du désir de créer une semblance de notre monde, une autre réalité, une réalité virtuelle.

– Francette Pacteau, commissaire invitée

Vue de l’exposition © CAPL / Hayoun Kwon

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Communiqué de presse