Cheminements, Grand écart

Julien Vittecoq, Jean-Gabriel Lopez, John Wood & Paul Harrison
27.04 > 09.06.2013

Pour Cheminements 2013, le Centre d’art et photographie de Lectoure présente les expositions de deux artistes invités en résidence en 2012 – 2013, Julien Vittecoq et Jean-Gabriel Lopez.
Dans une maison du village de Castéra-Lectourois est projetée une vidéo de John Wood & Paul Harrison.
« Grand écart » est le titre de cette édition de Cheminements, en référence aux démarches des artistes exposés. L’expression est à prendre au pied de la lettre chez Julien Vittecoq et Jur Domingo, danseurs acrobates, tandis que Jean-Gabriel Lopez pratique le grand écart en créant des œuvres à partir d’improbables associations entre techniques traditionnelles et contemporaines, appareillages sophistiqués et bricolages rudimentaires, procédures scientifiques rigoureuses et poésie pure. Enfin, dans la vidéo Unrealistic mountaineers, John Wood & Paul Harrison poussent au maximum l’écart entre la situation évoquée et les conditions réelles de la prise vue, mais aussi entre la grandeur fascinante de l’exploit filmé et le désœuvrement mélancolique qu’il provoque chez ses auteurs.


Julien Vittecoq

© Julien Vittecoq

« Notre démarche ne se veut pas cérébrale. Il s’agit d’un cri du corps plutôt que de la tête. Le point de départ, ce sont les sensations, les énergies. Ce qui nous importe c’est de développer un outil de travail. On découvre une écriture, un vocabulaire à travers le corps. Notre identité se construit sur un langage que nous voulons singulier ».
C’est le corps, avec ses sensations et ses énergies, ses contraintes et ses capacités, qui est toujours au centre de ce langage singulier que développent les recherches de Jur Domingo et Julien Vittecoq dans les formes multiples de la danse et de l’acrobatie, de la musique et du chant, de la photographie.

Dans Pause, travail en cours, poursuivi en résidence à Lectoure, Julien Vittecoq et Jur Domingo transpose le dialogue des corps de la danse à la photographie. Lui comme photographe, elle comme modèle. Pour réaliser Le Cri, autre travail en cours, Julien Vittecoq a demandé à des lycéens, puis à des écoliers de Lectoure, de mimer un cri.

Cridacompany est une compagnie franco-catalane créée à Toulouse en 2006 suite à la rencontre au Lido (centre des arts du cirque de Toulouse) de Jur Domingo Escofet et Julien Vittecoq, metteurs en scène et chorégraphes. De la Suède au Mexique en passant par le continent africain, ils proposent des spectacles étranges et percutants, où la virtuosité côtoie l’invention d’un nouveau langage entre cirque et danse, chant et performance. Utilisant le corps comme moyen d’expression essentiel, ils travaillent sur l’empêchement, l’obstacle et la déformation, faisant émerger des situations et des personnages empreints d’un humour déroutant. En photographie ou sur scène, dans un style dépouillé, ils s’amusent à poser un regard original sur des situations, laissant libre champ aux émotions, des plus riantes aux plus dérangeantes.

« On dit souvent de Cridacompany que nous sommes en marge du cirque et de la danse. Je pense que nous nous situons quelque part au milieu. […] Notre gestuelle est liée aux qualités et aux contraintes de nos corps […] Chaque corps est différent, que ce soit celui d’un circassien ou d’un danseur […] Nous avons par ailleurs une formation assez large : nous utilisons la voix, la musique, la photo… Nous ne sommes pas que des acrobates, pas seulement des boules de muscles. Nous faisons bouger le cirque de l’intérieur. »

cridacompany.org


Jean-Gabriel Lopez

Jean-Gabriel Lopez, La mesure du regard, 2013 © Jean-Gabriel Lopez

En résidence à Lectoure depuis janvier 2013, Jean-Gabriel Lopez, dont la démarche artistique se nourrit de la science, développe ses recherches sur le regard en poursuivant des travaux en cours (les héliographies – sténopés de l’image du soleil – et les cyanotypes – images du ciel) et en expérimentant de nouveaux outils comme la caméra thermique et le drone. Parallèlement, il se livre à diverses expériences, telles que la mise au point d’un appareil permettant de visualiser la vision d’un animal (en collaboration avec le LUTIN, Laboratoire des Usages en Technologies d’Information Numérique).

« Cette résidence est l’occasion de développer mes recherches précédentes sur l’utilisation de l’image comme instrument de mesure du paysage et de l’espace afin de réaliser un ensemble de productions en lien avec le monde rural. En associant des techniques anciennes de photographie et des technologies nouvelles, cette recherche interroge la perception du milieu rural à travers une approche de type expérimental. »

jean-gabriel-lopez.com


John Wood & Paul Harrison

John Wood & Paul Harrison, Unrealistic mountaineers, 2012 © John Wood & Paul Harrison, courtesy galerie Martine Aboucaya

Nés respectivement en 1969 et 1966, John Wood et Paul Harrison vivent et travaillent en Grande-Bretagne. Auteurs essentiellement de vidéo de performances où ils se mettent souvent en scène, ils travaillent ensemble depuis 1993.

L’utilisation du plan fixe, l’esthétique minimale, la mise en œuvre d’associations d’objets usuels et d’astuces visuelles low-tech, la présence de leur propre corps dans leur travail, la création de micro-actions dérisoires dont le résultat se situe invariablement entre échec patent et réussite aléatoire constituent les grandes caractéristiques de leur pratique artistique.

Pour leur exposition dans le cadre de Cheminements 2013, ils investissent une petite maison de Castéra-Lectourois avec une vidéo en boucle : Unrealistic mountaineers reprenant le même principe déjà expérimenté dans Bored astronauts on the moon où nos deux protagonistes nous montrent que réaliser de grandes choses (un petit pas pour l’homme…) riment parfois avec ennui !

harrisonandwood.com


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