La collection acte II, à vos marques, prêts, collectionnez !

Giordano Bonora, Arièle Bonzon, Jean-François Joly & Alain Turpault
06.12.2014 > 08.03.2015

Alain Turpault, J’irai courir le monde, 1993

Faire état d’une collection pour un centre d’art relève du paradoxe puisqu’à la différence d’un musée, un centre d’art, qui n’est pas équipé pour conserver les œuvres, n’a pas mission de constituer une collection.

Dans le cas du Centre d’art et photographie, la collection est celle du Musée de Lectoure, qui a accompagné le Centre dès sa création en acquérant, avec l’aide du Fonds régional des musées, des ensembles de photographies issues de commandes passées par le Centre d’art et photographie à des artistes invités en résidence. Une exposition s’intitulant « La collection, acte I : une autre histoire » avait ainsi fait (re)découvrir des œuvres de la Collection en 2012 (Kaslauskas, Muriel Olesen & Gérald Minkoff, Agence Radost).

En 2014, année de changement pour le centre d’art, la collection est à nouveau présentée sous forme d’un deuxième acte. Comme au théâtre, nous pouvons considérer que l’Acte I était la scène d’exposition qui livre au spectateur les informations nécessaires à la compréhension de la situation de départ. Ainsi l’Acte II, pour tenir le spectateur en haleine, s’ouvre souvent sur une péripétie, un coup de théâtre. À l’occasion de cette exposition, des œuvres d’artistes produites au commencement du Centre de photographie (1991-1993) côtoieront des œuvres issues de collections privées. Un dialogue s’instaure entre les œuvres historiques de la Collection (Giordano Bonora, Arièle Bonzon, Jean-François Joly, Alain Turpault) et des œuvres prêtées par des collectionneurs privés.

À travers différentes techniques (monotypes, ferrotype…), le portrait est le fil rouge de cette exposition ainsi que la question du « pourquoi collectionner ». Qu’est-ce qui anime ou guide le collectionneur, quels sont les fondements d‘une collection publique ?


Giordano Bonora 

Né à Bologne en 1947, Giordano Bonora commence la photographie en 1977 en s’attachant à la photographie sociale et à l’expérimentation du medium. En 1983, il est l’un des fondateurs du groupe de perception globale « Abrecal ». Ses photos sont conservées au Centre d’études et d’archives de la communication de l’Université de Parme, au Muséum de l’Information de Senigalia et à la Bibliothèque Nationale de France.

Giordano Bonora a été invité par le Centre d’art et photographie de Lectoure en 1991 pour une résidence de création de plusieurs semaines. Il représente Lectoure par la rencontre du présent (ses habitants) et du passé (le musée archéologique et ses statues). Pour cela, il fait le choix du monotype sur argile pour le premier et sur laiton pour le deuxième.

« Le caractère instantané de ces images trouve un théâtre idéal dans la fragilité de l’argile. (…) Ne cherchant nullement à faire tableau il garde volontiers leur caractère de passants à ces personnages avec lesquels il a établi un échange, avec lesquels il s’est reconnu des racines proches, certaines familles italiennes s’étant installées depuis longtemps dans la région. » Roberta Valtorta, Giordano Bonora, 1992, éditions Argraphie.


Arièle Bonzon

Née à Mâcon (France) en 1955, Arièle Bonzon réalise des études d’art centrées sur les techniques de l’image, puis débute une recherche artistique liée à la photographie. Sa première exposition personnelle a eu lieu en 1982 à la Galerie Le Réverbère, qui depuis représente son œuvre. Les œuvres d’Arièle Bonzon ont été acquises par le Fonds National d’Art Contemporain, des artothèques et des musées, ainsi que par des collectionneurs, en France et à l’étranger.

En 1995, elle présente Équinoxe d’automne au Centre d’art et photographie de Lectoure, où se tiendra sa première rétrospective : Pylônes, carottes, et autres étagères. Plusieurs livres ont été conçus et publiés par l’artiste durant cette période.

« Que chaque mot, que chaque geste conduise du sens me paraît désormais de plus en plus clair, quoi qu’il échappe souvent à ma vue. Il se peut que nous devions, comme l’œil dans l’obscurité (et à son image l’appareil photographique) nous accoutumer à l’ombre, nous élargir, nous ouvrir pour laisser pénétrer un peu plus de lumière. »


Jean-François Joly

Né en 1961 à Chateauroux, Jean-François Joly travaille d’abord pour des agences de photographes (Editing, Métis, Œil Public,) puis devient photographe indépendant. Il est lauréat en 2006 du prix « Roger Pic » pour sa série Des orages isolés éclatent sur tout le relief.

En 1998, Jean-François Joly est invité par le Centre d’art et photographie de Lectoure pour une commande réalisée pour le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche. Ce travail photographique, réalisé en hiver et au printemps 1998, consistait à dresser le portrait sociologique d’une commune rurale : Avezan. Petite commune de 80 habitants dans le département du Gers, Avezan s’inscrit sur un territoire de moins de 600 hectares. Les Avezanais sont pour la plupart des agriculteurs à la retraite, seuls quelques-uns sont encore en activité.

« Chaque personne ainsi photographiée retrouve une présence, une dignité, une aura dont le fonctionnement de la machine sociale l’avait privé. Elle n’est plus réductible à son étiquette d’exclu (SDF, sans-papiers, chômeur, gitan, etc.) mais retrouve son caractère unique d’individu membre d’une communauté. Non seulement, l’identité n’est plus confondue avec le parcours, mais elle est libérée du carcan des marquages sociaux. » François Saint Pierre.


Alain Turpault

Né en 1954 à Périgueux, Alain Turpault est passionné de photographie dès son adolescence. Ses influences vont d’Henri Cartier-Bresson, William Klein et Jean-Loup Sieff à Julia Margaret Cameron ou Lewis Carroll dont il apprécie les mondes intérieurs inventés, foisonnants de personnages, de symboles et de poésie.

En 1992, Alain Turpault est invité par le Centre d’art et photographie pour une commande. Il met alors en place un protocole afin de rencontrer des familles et des enfants pour non pas réaliser un « reportage » mais créer des mises en scène avec la collaboration de ses modèles.

« Il se rend dans des familles d’agriculteurs, (…), établi surtout avec les mères des liens de connivence, parle avec les enfants, convient de leur poser une question, à partir de laquelle s’instaurera, par le jeu des réponses, la possibilité d’une mise en scène photographique légère : « Resteras-tu, plus tard, à la ferme ? ». La presque quasi-totalité des réponses négatives induira le titre de la série d’Alain Turpault : J’irai courir le monde. » Gilles Mora, J’irai courir le Monde, catalogue d’exposition, 1993.


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