Résidence de création et d’expérimentation / exposition

Nos Années Sauvages

La résidence de création et d’expérimentation constitue un dispositif crucial dans le soutien à la création, elle permet à des artistes de poursuivre et d’approfondir une recherche personnelle. Le Centre d’art et de photographie de Lectoure accueille en résidence Thomas Cartron et Sylvain Wavrant, plasticiens et directeurs artistiques du collectif rouennais Nos Années Sauvages.

Natura obscura, 2014 © Thomas Cartron

Thomas Cartron déploie une approche expérimentale de la photographie, ses œuvres témoignent d’une préoccupation sur la persistance des images aujourd’hui et leur tendance à l’effacement. La pratique de Sylvain Wavrant est étroitement liée à la taxidermie, au design de mode et d’accessoires, à l’installation et questionne notre rapport à l’animal et sa disparition. À Lectoure, ils s’associent dans la création du projet Anima Obscura, imaginé comme un corpus d’images et d’installations ou les deux artistes œuvrent ensemble, faisant cohabiter et fusionner leurs pratiques et leurs médiums.

Anima Obscura prend comme point de départ le mythe de Diane et Actéon : « Actéon surprend un jour, au cours d’une chasse, la déesse Artémis (Diane) prenant son bain. Furieuse, elle le transforme en cerf. Impuissant, Actéon meurt déchiré par ses propres chiens qui ne le reconnaissent pas et sont rendus fous de rage par la déesse ». C’est autour de cette histoire que se grefferont les enjeux des pratiques respectives des deux artistes. L’un tentera de questionner notre rapport au corps et le voyeurisme inhérent à l’acte photographique. L’autre proposera de mettre en exergue notre rapport à la chasse et les dérives liées à la condition animale.

Le temps de cette résidence en immersion, le centre d’art devient laboratoire plastique et plate-forme d’expérimentation. Les différents espaces sont mis en scène et transformés en atelier, cabinet de curiosité, espace d’exposition, station d’écoute et de lecture… Autant de manières de découvrir l’histoire de Nos Années Sauvages, ses projets manifestes, la dimension pluridisciplinaire chère au collectif ainsi que son prisme d’étude : le rapport de l’homme avec l’animal et l’environnement.

L’un des objectifs de cette résidence est aussi de sensibiliser les visiteurs au travail et au parcours des deux artistes par le biais d’une exposition construite avec des œuvres passées.

La résidence sera ponctuée de rencontres avec les artistes (projections, repas chasseur, ateliers participatifs) dont les dates seront communiquées au fur et à mesure sur la page d’accueil du site internet.

www.nos-annees-sauvages.com


Thomas Cartron

Né en 1987 à Nantes.
Vit et travaille à Rouen.

Ce qui sépare la nuit du jour, 2020 © Thomas Cartron

Depuis 2012, il développe un vocabulaire plastique spécifique, accompagnant chacune de ses photographies, chaque série, d’un geste, mis à l’oeuvre lors de la prise de vue ou du développement. Des gestes associés à une série, même modeste, qui déplacent le corpus de ses oeuvres au-delà de la seule prise de vues. Pour ce faire il utilise, le plus souvent, une technique empruntée à un archaïsme photographique, développe ses photographies sur des supports a priori peu adaptés, réalise des installations dans lesquelles des photographies — les siennes ou celles qu’il aura glanées — sont mises en scène, ou bien encore manipule objectifs et appareils avec des procédés bricolés qui sont à l’inverse des outils technologiques qu’il utilise. Manipulées, parfois troubles et parfois invisibles, les images que donne à voir Thomas Cartron semblent s’articuler, pour partie du moins, autour de la question de ce qui reste à la photographie lorsqu’elle disparait et de ce qu’elle ne montre pas lorsqu’elle est apparue. On avancera alors l’idée que c’est la question de la vie et de la mort des images qui intéresse l’artiste et qu’il semble décliner son travail autour de trois mouvements : à présent, à mitan, à l’obscur. Trois manières, poreuses, de déterminer à travers photographies, images, vidéo et performances comme une phénoménologie de la révélation. Ou, pourrions-nous dire, comment réaliser des images en gestes-actions.

www.thomascartron.com


Sylvain Wavrant

Né en 1989 en Sologne.
Vit et travaille à Angers.

Cabinet de curiosités, 2017 (vue d’exposition, L’été photographique de Lectoure), 2017 © Sylvain Wavrant – photo : Marta Garcia Cardellach

Il grandit dans un milieu ouvrier où l’animal naturalisé est déjà présent dans la décoration du foyer. Ses origines marqueront la suite de son parcours artistique. Diplômé d’un baccalauréat en arts appliqués, Sylvain intègre l’école Dupérré à Paris, se formant en design de mode. Au cours de ses études de stylisme, il prend conscience des dérives du monde de la mode, en particulier l’élevage d’animaux pour la fourrure, et s’en indigne. Après une année Erasmus passée à Prague, il se rend à Rennes pour suivre un licence d’arts plastiques ainsi que le Master Design à l’École européenne supérieure d’art de Bretagne. Sa pratique artistique est étroitement liée à la taxidermie, au design de mode et d’accessoires et à l’installation. C’est à travers un procédé de récupération et de transformation d’animaux trouvés sur les bords de nos routes qu’il développe chacun de ses projets. Avec la réactivation de cette matière organique, il expose la cohabitation de ce qui nous fait hommes et femmes : nos fascinations et répulsions, notre soumission ou rébellion à une morale établie. À travers ses créations, il convoque l’animal pour dévoiler aux hommes notre vanité et notre responsabilité quotidienne et collective. Il tente de provoquer une identification partielle face à nos voisins mis en péril par notre système de consommation et l’extension de nos territoires. S’identifier à l’animal est pour lui une réelle nécessité, pour les préserver et par extension parler de notre propre survie.

www.sylvainwavrant.com


Jours et horaires d’ouverture

Du 4 novembre au 12 décembre 2020.
Du mercredi au samedi, de 14h à 18h.
Entrée libre.
Lancement de résidence le vendredi 6 novembre à 18h. 


Documents disponibles

Dossier de presse