Les expositions de L’Été photographique de Lectoure 2018

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Maison de Saint-Louis, Centre d’art et de photographie

Ancien tribunal

Cerisaie

Halle aux grains

Ancien hôpital

Jours et horaires d’ouverture

Du 14 juillet au 23 septembre 2018

Tous les jours*, de 14h à 19h**
*Fermeture le lundi et le mardi en septembre
**Fermeture de l’ancien tribunal à 18h

Pass 5 euros

Documents disponibles

Dossier de presse
Guide du visiteur
Guide ludique
Dossier pédagogique


Le bâtiment qui accueille depuis 2010 le Centre d’art et de photographie servait auparavant d’aumônerie au Couvent de la Providence, toujours en fonction à côté du centre d’art. Aussi appelé maison de Saint-Louis, le bâtiment est partagé avec l’association des Amis de Saint-Louis qui y occupe un bureau. Le Couvent de la Providence de Lectoure est fondé en 1848. L’aumônerie est construite en 1868. Les religieuses de la Providence vendent le bâtiment de l’aumônerie à la ville de Saint-Louis (Haut-Rhin, Alsace), avec laquelle la ville de Lectoure est jumelée depuis 1981. La maison est inaugurée le 5 septembre 1999 à l’occasion du soixantième anniversaire de l’évacuation des habitants de Saint-Louis à Lectoure.


Collection Madeleine Millot-Durrenberger

« Une collection est, pour moi, l’aveu que la vie ne suffit pas. » Madeleine Millot-Durrenberger

Claude Batho, L’éponge neuve, série Paris, 1980 © Claude Batho / Courtoisie collection Madeleine Millot-Durrenberger

La collection parle des relations entre l’œuvre d’art et la société, entre les artistes et leurs commanditaires ou acheteurs, entre les amateurs privés et le public. Quel est le but et le plaisir de la collection ? Est-ce que les collectionneurs collectionnent pour eux ou pour un public ?

À la maison de Saint-Louis, Centre d’art et de photographie de Lectoure, l’Été photographique invite la collectionneuse strasbourgeoise Madeleine Millot-Durrenberger, qui propose une sélection de sa riche collection de photographies. Débutée modestement au début des années 80, sa collection constitue un ensemble d’une grande cohérence constitué de séries d’œuvres de photographes qu’elle a rencontrés. Pour elle, collectionner est aussi une histoire humaine d’échange et de partage. Madeleine Millot-Durrenberger croit profondément au contact direct avec les œuvres ; leur matérialité, leur format permet de les découvrir et de les apprécier. Le balancement entre ce que l’on montre et ce que l’on cache est essentiel à toute collection. Elle ne conçoit la collection que dans le passage, dans le « regarder voir », prendre plaisir au plaisir de l’autre, à son regard singulier. Elle se considère d’abord comme une « passeuse », qui veut faire partager ses coups de cœur : « je ne collectionne pas les belles images, mais les univers d’artistes » et s’intéresse « à des artistes qui utilisent la photographie comme art plutôt qu’aux photographes ». En véritable amatrice, Madeleine Millot-Durrenberger construit des expositions de ses œuvres, elle imagine une lecture toute personnelle des images qu’elle met en scène pour raconter une histoire.
Elle s’occupe des encadrements ainsi que de l’accrochage. Elle est aussi à l’origine d’une maison d’édition, In extremis, dédiée aux livres d’art, façonnés avec un soin d’artisan. Au cœur de cette aventure éditoriale, la volonté de faire découvrir, de faire se rencontrer des univers, de rassembler selon une réflexion, une thématique. Les mots « disent » l’image mais ne la racontent pas.

L’art de la collection est intemporel, c’est d’abord un plaisir, un jeu à prendre avec ses incertitudes, tâtonnements, expérimentations, ce n’est pas une science exacte. C’est une manière de jouer avec le temps, ce sont des madeleines de Proust, des souvenirs que l’on recherche à travers les œuvres collectionnées, on les accumule, on a envie d’en parler, de les présenter, de les dévoiler, de les partager. La collection est aussi une tentative contre l’éparpillement des choses dans le monde. Une collection est un système singulier, une sorte de microcosme qui se voudrait le miroir du monde pour mieux l’expliquer. Elle correspond à l’ordonnancement plus ou moins secret du monde, à une vision du monde qui lui donne sa cohérence. L’acte de collectionner chez Madeleine Millot-Durrenberger se confond presque avec sa vie, sa condition de femme, ses engagements militants de citoyenne. Une collection qu’elle a constituée de manière intuitive, au fil de ses amitiés et affinités artistiques. À la dimension « collective » Madeleine Millot-Durrenberger ajoute toujours une dimension très personnelle, intime, parfois presque enfantine : « moi j’aime imaginer de petites histoires pour chaque photographie ; je les regarde et je me raconte des histoires. Et souvent, c’est en articulant plusieurs de ces histoires que je construis au sein de ma collection de petites séries d’images que je lie entre elles par ce que j’y vois, par une forme qui se répète, par une association de forme et de fond ».

Sélection d’œuvres de Patrick Bailly-Maître-Grand, Claude Batho, Valérie Belin, Tom Drahos, Bernard Faucon, Valérie Graftieaux, Gabor Kerekes, Bernard Plossu, Françoise Saur et Josef Sudek.

Patrick Bailly-Maître-Grand, Le samouraï, série Formol’s Band, 1987 © Patrick Bailly-Maître-Grand / Collection Madeleine Millot-Durrenberge
Valérie Graftieaux, Racines, 2008 © Valérie Graftieaux / Collection Madeleine Millot-Durrenberger
Bernard Faucon, La coupole d’or, série Les chambres d’or, 1983 © Bernard Faucon / Collection Madeleine Millot-Durrenberger
Françoise Saur, Aix-les-Bains – Le chêne, série Lenteur de l’avenir, 1981 © Françoise Saur / Collection Madeleine Millot-Durrenberger
Bernard Plossu, My son Shane, 1982 © Bernard Plossu / Collection Madeleine Millot-Durrenberger